Dans l’instabilité de la conjoncture actuelle, les entreprises doivent faire face à de nombreux défis : délocalisation, diversification, plans sociaux, changement de stratégie… Ces bouleversements sont souvent vécus de façon brutale par les salariés et ils font rarement l’objet d’accompagnement de la part des managers. Progressivement le stress au travail et les risques psychosociaux sont devenus de réelles préoccupations et les évènements récents survenus chez France Telecom mettent en exergue de sérieuses failles dans les organisations.
Pour l’agence européenne pour la sécurité et la santé au travail de Bilbao : « le stress survient lorsqu’il y a un déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes imposées par son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face »
Il ne faut pas nier cependant que depuis 2003, ces risques font l’objet d’une attention forte de la part de l’Etat, des partenaires sociaux et des entreprises. L’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT) donne une vision complète de l’ensemble des enquêtes menées sur ce sujet.
Il n’en reste pas moins que le stress au travail est une réalité. L’ANACT a réalisé une enquête en 2009 sur un panel de 1000 salariés, elle donne une large étendue du problème en France. Il en ressort que plus de 41% des salariés interrogés se disent stressés et que 13% se sentent très stressés toutes catégories professionnelles confondues. Toutefois, 57% des cadres supérieurs se sentent particulièrement stressés. Dans ces conditions, comment des managers visiblement déjà sous le joug du stress peuvent-ils gérer les risques psychosociaux de leurs salariés ? Les réponses apportées ne sont donc pas toujours en adéquation avec la gestion de ce risque. En effet, 91% des salariés interrogés déclarent « faire avec » ou trouver eux-mêmes leur propre solution.
Le stress et les risques psychosociaux sont donc bien un enjeu pour les entreprises si elles veulent améliorer leur image, leur productivité et leur compétitivité.
Xavier DARCOS, le Ministre du Travail, a invité 1500 entreprises françaises de plus de 1000 salariés à entamer des négociations sur ce thème. Une liste publiée sur le site du Ministère du Travail classe en trois catégories (rouge, orange et verte) les entreprises en fonction de leurs avancées sur cette négociation. Cependant, celle-ci mise en ligne le 18 février a disparu le jour même pour ne laisser la place qu’aux entreprises vertueuses (classée verte). Cette liste a certes vocation à bouger en fonction des actions engagées par les entreprises concernées. Cependant l’ANDRH craint de voir les entreprises engager des négociations sur la base de « coquilles vides » dans le but ultime de redorer leur image.
Je conclurai en donnant mon point de vue de spécialiste du Développement des RH. Les Ressources Humaines sont le capital humain dans lequel l’entreprise a investi. Cet investissement, pour qu’il soit rentable, doit être préservé et développé. Il est donc de la responsabilité de l’employeur et de ses managers , de veiller à la bonne santé physique et mentale des équipes, à leurs bonnes conditions de travail, de développer les compétences des salariés par le biais de plans de formation et de contribuer de ce fait à leur épanouissement au sein de l’entreprise. Il se trouve, malheureusement, que les écoles qui préparent les managers de demain sont très peu sensibilisées à la théorie du capital humain. Ceci explique peut-être cela…
Le Figaro vient de publier un sondage réalisé par Viavoice pour HEC, « Réussir », France Inter et France 24 qui indique que neuf cadres sur dix se sentent bien dans leur entreprise.
De votre côté qu’en est-il ? Est-ce que votre entreprise met en place des plans d’actions de lutte contre le stress ? Est-ce que vous aussi, vous vous sentez bien dans votre entreprise ?
Sites à consulter :
ANACT : relais d’une campagne européenne sur le stress au travail
Europe1 : article sur les problèmes sociaux chez France Télécom

