Depuis la loi du 24 novembre 2009 relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie, la gratification des stagiaires est rendue obligatoire pour les stages de plus de deux mois. Cette rémunération s’élève à un tiers du SMIC, soit 417 €, exonérés des charges sociales. L’université estime que cette gratification ne doit pas être trop élevée pour ne pas pénaliser les petites et moyennes entreprises.
Le secteur social fait l’objet d’un traitement particulier. En effet, depuis la promulgation de la loi en 2006 qui impose la gratification des stagiaires au bout de 3 mois de stage, le nombre d’offres proposées aux éducateurs spécialisés a baissé d’un tiers. Pour pallier cette pénurie le Sénat a examiné au printemps une proposition de loi afin de suspendre la gratification des stagiaires du secteur social. Cette proposition de loi est importante pour 17 000 étudiants du secteur médico-social qui ne peuvent pas valider leur diplôme et ne peuvent plus attendre. Un collectif d’associations professionnelles aurait préféré la création d’un fonds alimenté par l’Etat et les collectivités locales qui permettrait de financer la gratification de ces stagiaires.
Génération précaire dénonce également la durée des stages qui selon ce collectif ne devrait pas dépasser cinq ou six mois. Car au-delà de cette durée, le stagiaire devient un concurrent du jeune diplômé sur le marché du travail. D’ailleurs des entreprises fonctionnent avec des stagiaires au détriment des salariés qu’ils pourraient employer. Un système s’est même mis en place qui consiste à réaliser des stages hors cursus. Il s’agit d’une véritable concurrence déloyale aux jeunes diplômés qui ne peuvent se réinscrire dans une université ou une école et qui recherchent un contrat de travail. Ce procédé est néfaste aussi pour les jeunes en cours de formation qui ont moins d’expérience que les stagiaires hors cursus et qui vont être supplantés par des jeunes diplômés prêt à travailler pour 417€ par mois. Ces propositions fleurissent depuis la crise. Des jeunes qui ont les moyens de travailler quasi gratuitement et qui préfèrent un stage mal rémunéré à une année sabbatique, acceptent ces propositions. Ils s’inscrivent alors sur des cursus en polonais ou une année de droit supplémentaire. L’université semble fermer de son côté les yeux sur les inscriptions fictives de ces jeunes en mal d’activité. Toutefois en acceptant cette formule, ils contribuent à détruire l’emploi des jeunes à la sortie de la fac. Alors pour contrer ce phénomène, un décret d’application de la loi du 24 novembre 2009 a pour vocation de limiter ces abus. Toutefois, celui-ci est très controversé par les partenaires sociaux qui le trouvent semblable à une « passoire ».
Alors afin de diminuer réellement les écarts entre les stagiaires et les salariés, Génération précaire propose une grille de gratification des stagiaires diplômés du supérieur pour qu’il y ait une continuité entre rémunération du stage et le premier salaire. Leur objectif étant de faire entrer les stages de plus de six mois dans le cadre d’un contrat d’apprentissage.
Décidément la situation des jeunes diplômés sur le marché du travail est bien compliquée. La solution viendra peut-être de l’embellie qui s’amorce et des nouvelles opportunités qui semblent en découler.
De votre côté pensez-vous qu’un stage mal rémunéré est toujours mieux que rien ?

