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Workaholisme au Blackberry

Workaholisme au Blackberry

L’addiction au travail est la dépendance à une pratique ou à une situation sociale. Selon le dictionnaire psychologique, l’addiction implique un désarroi devant la répétition d’un rapport à l’objet vidé de sens par sa consommation abusive. Le workaholisme (ou boulomanie) est la relation pathologique d’un sujet à son travail, qui est décrite par une compulsion à lui consacrer de plus en plus de temps et d’énergie, au détriment des autres aspects de sa vie, et qui persiste même si les conséquences sur sa santé, sa vie familiale et ses relations sociales deviennent négatives. Il s’agit donc bien d’une dépendance.
Le baromètre du stress des cadres au travail réalisé au mois de novembre 2010 par la CFE/CGC dénonce le workaholisme des cadres. Celui-ci est particulièrement lié à l’augmentation du nombre de Blackberry et autres Smart phones transmis gratuitement à leurs cadres par les entreprises. 41% d’entre eux déclarent ne pas pouvoir déconnecter le week-end. Il est vrai qu’il est de plus en plus courant d’inviter des amis à dîner qui restent les yeux rivés sur leur Smart phone à vérifier leur messagerie en commentant les fluctuations des cours de la bourse ou les incidents qui viennent de se produire dans leur entreprise. Cette connexion permanente à leur environnement de travail est pénible pour l’entourage et pour le cadre qui ne fait jamais de break. Les questions qu’on leur pose souvent dans ce cas, c’est : « Qu’est-ce que tu y gagnes ? » « Est-ce que cet engagement 24 heures sur 24 est reconnu par tes supérieurs ? » Il semblerait qu’en fait, ces salariés se sentent en compétition avec leurs collègues, et qu’ils ne doivent pas passer à côté d’une information qui pourrait être reprise et exploitée par la concurrence interne. En gros, rien ne doit leur échapper. On constate, en effet, une évolution des sources du pouvoir dans l’entreprise qui serait davantage liée à ce que l’on fait ou à ce dont on est capable. Etre bien informé permet d’agir à temps voire d’anticiper les actions. Il s’agit donc bien pour les cadres de se maintenir à tout prix dans la course et peu importe le prix à payer.
C’est dans ce sens que selon le baromètre CFE/CGC, 77% des cadres dénoncent une dégradation des conditions de travail et ont le sentiment que leur charge de travail ne cesse d’augmenter quand la vitesse d’exécution reste régulièrement trop intense (90% estiment qu’on leur demande de travailler trop vite). En effet, pour 67% d’entre eux, les Smart phones sont responsables des temps de réponse de plus en plus courts, du volume d’informations qui augmente (pour 84%) et du nombre croissant de tâches à accomplir (pour 80%).
C’est pour cela que la CFE/CGC envisage comme ses homologues américains, de réclamer soit la prise en compte des heures supplémentaires effectuées par les cadres, soit le droit à la déconnexion des messageries électroniques en dehors des heures de travail.
Il paraît évident que cette course effrénée à la performance et à la rapidité d’exécution, ne peut pas constituer une solution pérenne pour l’entreprise. L’épuisement des cadres se répercute forcément sur leurs subordonnés. Ils partagent obligatoirement leur stress. Il est donc important de revenir à des valeurs plus saines. La responsabilité sociale de l’entreprise intervient aussi dans le bien être de ses salariés, et le respect du temps de repos des cadres en fait partie. Négocier sur le sujet me paraît en effet une bonne solution pour limiter les concurrences internes et revenir à des valeurs de travail davantage axées sur la qualité du management et le respect du capital humain.
L’entreprise doit non seulement respecter le temps de repos dominical exigé par le Code du travail, mais les temps de pause obligatoire y compris pour les cadres dirigeants. Le repos est nécessaire pour recharger les batteries et prendre du recul. Pendant les vacances, on retrouve sa créativité, son envie de s’investir, on rentre avec le plein d’énergie.
De votre côté, pensez-vous que l’addiction au travail est liée à l’avènement des Smart phones ? Partagez avec nous votre expérience et votre sentiment sur ce sujet.

 

L’addiction au travail est la dépendance à une pratique ou à une situation sociale. Selon le dictionnaire psychologique, l’addiction implique un désarroi devant la répétition d’un rapport à l’objet vidé de sens par sa consommation abusive. Le workaholisme (ou boulomanie) est la relation pathologique d’un sujet à son travail, qui est décrite par une compulsion à lui consacrer de plus en plus de temps et d’énergie, au détriment des autres aspects de sa vie, et qui persiste même si les conséquences sur sa santé, sa vie familiale et ses relations sociales deviennent négatives. Il s’agit donc bien d’une dépendance.

 

Le baromètre du stress des cadres au travail réalisé au mois de novembre 2010 par la CFE/CGC dénonce le workaholisme des cadres. Celui-ci est particulièrement lié à l’augmentation du nombre de Blackberry et autres Smart phones transmis gratuitement à leurs cadres par les entreprises. 41% d’entre eux déclarent ne pas pouvoir déconnecter le week-end. Il est vrai qu’il est de plus en plus courant d’inviter des amis à dîner qui restent les yeux rivés sur leur Smart phone à vérifier leur messagerie en commentant les fluctuations des cours de la bourse ou les incidents qui viennent de se produire dans leur entreprise. Cette connexion permanente à leur environnement de travail est pénible pour l’entourage et pour le cadre qui ne fait jamais de break. Les questions qu’on leur pose souvent dans ce cas, c’est : « Qu’est-ce que tu y gagnes ? » « Est-ce que cet engagement 24 heures sur 24 est reconnu par tes supérieurs ? » Il semblerait qu’en fait, ces salariés se sentent en compétition avec leurs collègues, et qu’ils ne doivent pas passer à côté d’une information qui pourrait être reprise et exploitée par la concurrence interne. En gros, rien ne doit leur échapper. On constate, en effet, une évolution des sources du pouvoir dans l’entreprise qui serait davantage liée à ce que l’on fait ou à ce dont on est capable. Etre bien informé permet d’agir à temps voire d’anticiper les actions. Il s’agit donc bien pour les cadres de se maintenir dans la course et peu importe le prix à payer.

 

C’est dans ce sens que selon le baromètre CFE/CGC, 77% des cadres dénoncent une dégradation des conditions de travail et ont le sentiment que leur charge de travail ne cesse d’augmenter quand la vitesse d’exécution reste régulièrement trop intense (90% estiment qu’on leur demande de travailler trop vite). En effet, pour 67% d’entre eux, les Smart phones sont responsables des temps de réponse de plus en plus courts, du volume d’informations qui augmente (pour 84%) et du nombre croissant de tâches à accomplir (pour 80%).

 

C’est pour cela que la CFE/CGC envisage comme ses homologues américains, de réclamer soit la prise en compte des heures supplémentaires effectuées par les cadres, soit le droit à la déconnexion des messageries électroniques en dehors des heures de travail.

 

Il paraît évident que cette course effrénée à la performance et à la rapidité d’exécution, ne peut pas constituer une solution pérenne pour l’entreprise. L’épuisement des cadres se répercute forcément sur leurs subordonnés. Ils partagent obligatoirement leur stress. Il est donc important de revenir à des valeurs plus saines. La responsabilité sociale de l’entreprise intervient aussi dans le bien être de ses salariés, et le respect du temps de repos des cadres en fait partie. Négocier sur le sujet me paraît en effet une bonne solution pour limiter les concurrences internes et revenir à des valeurs de travail davantage axées sur la qualité du management et le respect du capital humain.

 

L’entreprise doit non seulement respecter le temps de repos dominical exigé par le Code du travail, mais les temps de pause obligatoire y compris pour les cadres dirigeants. Le repos est nécessaire pour recharger les batteries et prendre du recul. Pendant les vacances, on retrouve sa créativité, son envie de s’investir, on rentre avec le plein d’énergie.

 

De votre côté, pensez-vous que l’addiction au travail est liée à l’avènement des Smart phones ? Partagez avec nous votre expérience et votre sentiment sur ce sujet.

2 Réponses à “Workaholisme au Blackberry”

  1. MARION dit :

    Cette question rejoint celle de l’astreinte (pour les cadres auxquels l’employeur n’offre pas un black berry permanent) quand il ne s’agit plus seulement de répondre à un appel rapide pendant le week end mais de travailler véritablement en envoyant des courriers importants, en servant d’appui technique 24h/24 à des salariés. Il s’agit alors d’un véritable travail qui devrait être rémunéré comme tel mais ne l’est pas. De plus cette « revient pour certains une semaine sur 3 ou sur 4, ce qui signifie, plus de sorties, plus d’absences de la ville d’habitation puisqu’il faut pouvoir se déplacer le cas échéant (si le BB ne suffit pas). Le cadre doit aussi être en mesure de remplacer un salarié absent pour une nuit par exemple y compris quand lui-même a travaillé toute la journée et retravaillera le lendemain.
    Il devient urgent de revoir la définition de l’astreinte en la restreignant strictement à la détention d’un téléphone, le seul fait de devoir le décrocher (et à plus forte raison toute autre action de conseil, relecture et envoi d’écrit) doit être compté comme un temps de travail et non comme une « astreinte » qui n’est que le fait d’être joignable et non de travailler réellement.

  2. MARION dit :

    Cette question rejoint celle de l’astreinte (pour les cadres auxquels l’employeur n’offre pas un black berry permanent) quand il ne s’agit plus seulement de répondre à un appel rapide pendant le week end mais de travailler véritablement en envoyant des courriers importants, en servant d’appui technique 24h/24 à des salariés. Il s’agit alors d’un véritable travail qui devrait être rémunéré comme tel mais ne l’est pas. De plus cette «astreinte » revient pour certains une semaine sur 3 ou sur 4, ce qui signifie, plus de sorties, plus d’absences de la ville d’habitation puisqu’il faut pouvoir se déplacer le cas échéant (si le BB ne suffit pas). Le cadre doit aussi être en mesure de remplacer un salarié absent pour une nuit par exemple y compris quand lui-même a travaillé toute la journée et retravaillera le lendemain.
    Il devient urgent de revoir la définition de l’astreinte en la restreignant strictement à la détention d’un téléphone, le seul fait de devoir le décrocher (et à plus forte raison toute autre action de conseil, relecture et envoi d’écrit) doit être compté comme un temps de travail et non comme une « astreinte » qui n’est que le fait d’être joignable et non de travailler réellement.

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