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Redevenir salarié après avoir été patron : accrochez-vous, virage serré

Redevenir salarié après avoir été patron : accrochez-vous, virage serré

Rarement choisie, la reconversion d’un patron fait débat. Semée d’embûches, au premier rang desquelles, les préjugés, elle doit être précédée d’une profonde réflexion ; pas toujours évident quand l’urgence s’en mêle. Panorama des possibles.

La parole est à l’accusation : « Un entrepreneur qui réussit ne redevient pas salarié, donc, s’il le souhaite, c’est que quelque part, il y a échec. Et puis, un ancien patron est difficile à manager. »

La parole est à la défense : « Un entrepreneur sait prendre des risques, il est force de proposition, créatif, innovant, responsable… ».

Objection : « Vous avez planté votre boîte, vous n’êtes pas digne de confiance. »

Petit florilège d’idées reçues. Du vécu pour Benoît M., patron durant quatre ans d’une entreprise de services à la personne de 10 salariés. Après la cessation de son activité (la crise est passée par là), contraint d’envisager un retour au salariat, il a passé pendant six mois une trentaine d’entretiens dans le secteur de la Banque (il a une formation bancaire à la base), puis dans d’autres secteurs. Entretiens tous soldés par des refus d’embauche. Qu’importe, il est devenu auto-entrepreneur et c’est dans le cadre d’une de ses missions qu’il a rencontré son employeur actuel. À croire que c’est quand on ne cherche plus à être salarié que l’opportunité se présente…

On oppose généralement le patron au salarié. Le premier serait, entre autres, autonome dans ses décisions, le second moins. « Poncifs ! Il faudrait quand même rappeler à quel point l’entrepreneur est lié à plein d’acteurs  — financiers notamment —, et est donc capable de composer, il n’est pas le seul maître chez lui ! », réagit Hervé Simonot, Directeur Commercial Groupe chez Mac Allister, également à la tête de la filiale Mac Allister Executive.

Vous avez été patron et vous cherchez aujourd’hui un emploi salarié. Sachez que vous devez être capable de vous expliquer sur votre capacité à être moins autonome, moins décideur, à vous adapter à une équipe, une hiérarchie, etc. Un conseil : objectez que si vous avez eu des droits en tant que patron, vous aviez aussi des devoirs, et pas des moindres : devoirs en termes sociaux, légaux, professionnels… Et ceci afin de créer de l’empathie vis-à-vis du statut d’entrepreneur. « Quand un entrepreneur se retrouve candidat alors qu’il a subi un échec, le recruteur doit aller au fond des choses. Il convient de diagnostiquer avec lui les raisons de l’échec pour en faire ressortir des atouts, une expérience. Bachelard ne disait-il pas « L’expérience est très précisément le souvenir des erreurs rectifiées. » ?», souligne Hervé Simonot.

Sachez aussi que plus votre expérience en tant que patron aura été longue, plus votre reconversion pourra être difficile, pour l’ego mais pas seulement. « Ce sont souvent des profils qui ne se sont pas frottés au marché du travail en tant que candidat depuis longtemps, le décalage est énorme », note Vincent Rostaing, fondateur du cabinet Le Cairn 4 IT. De plus, la problématique de l’urgence fait que ce sont des candidats qui sont plus dans une position de demande que d’apporteur d’offre. Sachez enfin que vous êtes un candidat hors norme et donc déconcertant pour un recruteur : « On ne sait pas forcément dans quelle case le mettre », admet Thierry Andrieux, fondateur du cabinet Humanessence.

Incasable alors, l’ancien patron que vous êtes ? Non. Votre expérience est un atout dans certains environnements : les startups, les fonctions de développement commercial, les créations de poste, par définition plus risquées.

Qu’elle soit choisie ou subie, votre reconversion nécessite un réel travail sur vous-même et un accompagnement. « Cela demande un véritable engagement de temps, d’énergie », observe Hélène E.. Conseil en marketing, son propre patron depuis six ans, elle souhaite aujourd’hui aller chez l’annonceur, rejoindre une équipe. Sa décision n’est pas liée à une urgence économique mais à un énorme ras-le-bol psychologique. Les préjugés de ses interlocuteurs lors d’entretiens ? Elle ne s’y arrête pas : « J’explique mes motivations, j’ai les compétences, des arguments, la niaque. »

Redevenir salarié après avoir été patron, c’est possible. À condition de ne pas s’isoler, de réseauter, de se faire accompagner, par des coaches ou des associations comme l’Avarap, de savoir ce qu’on veut, d’avoir un projet solide. Accrochez-vous !

Une fois en poste, veillez à prendre la mesure du périmètre de vos fonctions et à le respecter, signe que vous acceptez les règles de l’entreprise et les codes liés à votre nouveau statut. Quant aux qualités et compétences que vous avez su développer en tant qu’entrepreneur, exploitez-les au mieux pour faire de votre nouveau job une réussite.

13 Réponses à “Redevenir salarié après avoir été patron : accrochez-vous, virage serré”

  1. dappartapart dit :

    Disons que certains drh n’ont pas envie d’avoir de la concurrence entre personnes sans diplomes mais une experience enorme dans tous les domaines et une personne qui a bac +40 mais aucune experience et qUI CROIT TOUT SAVOIR donc on camoufle cette experience ou on la devalorise

    Pas facile dans cette France, ou on vous juge, case , mais qu on refuse des qu on est multi disciplinaire , autonome , etc…
    Résultat il prennent des oui oui eux font pas de vague , on les jettent au bout de 3 mois et apres ca pleure qu il n y a pas de chiffre

    bon courage si vous etes dans ce cas , remonter une boite seule solution , et pour les echecs ca fait mal mais permet d avancer
    edl

    ps j ai mis 10 ans a m en remettre !!!

  2. Pierre dit :

    Bonsoir,

    Je l’ai fait rien que la démarche perso plus de 6 mois et maintenant je suis à nouveau salarié depuis 5 mois et finalement j’ai du trouver le job ou j’ai suffisamment de liberté de décision, j’ai eut de la chance de retrouver aussi un job là ou j’avais fait mes début…le réseau il n’y a que ça de vrai.
    Maintenant c’est aussi boulot pour payer ses dettes et ça c’est pas toujours évident à assumer.
    Si je peux ajouter un commentaire pour réussir sa reconversion il faut toujours voir dans tout échec les points positifs et toujours les mettre en avant lors d’un recrutement.

    Bon courage à tous ceux et celle qui comme moi vive cette expérience

  3. Olivier dit :

    Bonjour, je suis effectivement dans ce cas de figure. J’ai créé une entreprise que j’ai cédé au bout de 7 ans – expérience réussie. J’ai repris une entreprise, il y a 4 ans. J’ai vite constaté que j’avais acheté une coquille vide en pleine dégringolade à un prix exorbitant. La fin est proche, mais j’ai limité la casse. Je suis passé trés prés de la faillite personnel et la solitude du patron me pèse moi qui aime le travail d’équipe. Aussi dés que cette histoire est finie, je pars vers un poste de salarié. Je souhaiterais partager l’expérience avec d’autre personnes qui connaissent cette situation. Merci d’avance.

  4. Jean-Marie dit :

    Bonjour, Cela fait un an que l’entreprise est créée. Les débuts sont difficiles. Mais je pense qu’il vaut mieux créer que de racheter. c’est plus gratifiant et puis reprendre une affaire dont on n’est pas l’initiateur me laisse croire que l’on passe à coté de beaucoup de chose.
    bonne continuation.

  5. Bonjour,
    Pour élargir le débat, je vous laisse lire l’article de Romain Lhez sur mon blog http://www.business-angel-france.com/redevenir-salarie-apres-avoir-cree-sa-startup
    Cordialement.
    Patrick

  6. Girardet dit :

    Après une année d’auto entrepreneur dans le conseil et la formation, j’ai une proposition d’embauche dans une grande entreprise qui me laisse aussi la possibilité de continuer mon activité mais pas à titre principal. Comment faire par rapport aux assurances sociales et à tout le reste?

  7. Sophie dit :

    Bonjour et merci pour vos commentaires.
    @Girardet : chaque cas étant particulier, le mieux est de vous renseigner auprès des organismes qui vous assurent, ils vous guideront dans les démarches à effectuer (à moins que vous ne bénéficiez encore du régime général, qui, sauf erreur, est maintenu pendant un an après un changement de situation ?).

  8. Arnaud dit :

    Bonjour…petit témoignage me concernant. Je rêve depuis que j’ai 6 ans d’avoir du succès dans les affaires en créant ma boîte. J’en ai désormais 34 et après avoir passé 8 ans à me « trainer » malheureux à mourir comme consultant en stratégie dans le secteur bancaire (gagne pin), j’ai enfin eu l’opportunité de monter ma boîte il y a 2 ans et demi pour enfin vivre mon r^ve et être moi-même. Résultat … je ferme ma boîté après avoir tout perdu (a temps pour ne pas avoir de dettes), ne m’être jamais payé, avoir tout donné et avoir finalement tant appris. Il est 6h30 du matin, je ‘ai rien dormi de la nuit, car comme beaucoup de ceux qui liront ce post et l’article, je fais partie de vous qui versent souvent des larms la nuit, discrètement à côté de ma femme dans le lit, désoeuvré, accablé, triste, démotivé, etc. La solitude face à ses échecs et surtout face aux autres pèse. J’ai envoyé 50 CV, un seul entretien pour m’entendre dire que j’avais échoué, etc etc. Alors une chose est certaine, j’ai peut-être tout perdu, je suis peut-être seul et triste, mais certainement moins que du temps où j’étais salarié. Car jesuis triste mais libre; Certes un peu comme un homme libre perdu dans le désert mais peu impoorte. Alors un conseil à tous … ne perdez pas vos rêves, ne perdez pas espoir et ne cherchez pas toujours à lutter contre le vent. Il est parfois plus dur de lutter contre tous ceux qui pointeront vos échecs, vous rabaisseront, etc durant des entretiens d’embauche, que de remonter une activité ! Je n’ai que 34 ans, et même en réseautant, etc, je m’aperçoisq u’il est presque impossible pour moi de retouver un job ! J’imagine pour ceux plus agés, qui ont passé plus de temps comme créateur d’entreprise … le parcours du combattant. Alors réflechissez avant de vous relancer par nécessité dans le panier de crabes qui vous attendent pour vous mettr à genoux ; oui ces crabes qui eux n’ont pas osé entreprendre et ne le feront jamais, eux qui ne pointeront en énéral que vos échecs, eux qui ne vous comprendront jamais, eux qui ne seront jamais qu’un entrepreneur accèpte le risque et assume l’incertitude.Etbien réflechissez à deux fois et posez vous la question : ne suis-je pas capable d’apporter mes compétences, même en solo, comme free-lance, etc. ? Ne puis-je pas remonter un petit business sans beaucoup d’investissement ? Faites vraiment le tour de la question …. car retourner dans ces paniers de crabes peut rendre franchement plus malheureux qu’autre chose. Passé un certain âge, je comprends qu’il faille y revenir pour nourrir ses enfants, etc. Mais pour ma part, je tenterai tout pour ne jamais redevenir salarié … et même si à 6h40 du matin, e susi encore bien désoeuvré, sans solution, sans nouvelle idée dans cette économie bien saturée en produits et services, et bien j’ai la niaque comme à mes débuts. J’ai la même volonté au fond de mon coeur, ce qui ne va pas m’empêcher d’ici quelques minutes de retourner dormir à côté d ema femme qui dort encore et de continuer à verser quelques larmes sur ma situation personnelle qui me paraît es plus bloquée (pas d’idée, portes du salaiat fermées). A lors à tous, verser vos larmes, tremblez d’inqitétude pour votre avenir, posez vous mille question pour la suite … mais de grâce, ne vous posez pas mille question sur votre passé (erreurs ou pas vous en sortez de totue manière grandi et changé), et gardez au fond de vous la niaque d’avancer … les chemins s’ouvrent toujours pour ceux qui ont la niaque, il faut être patient et savoir patientez, mêm dans le désert ! Bonne chance à tous !

  9. Carlito P. dit :

    Bravo Sophie d’avoir ouvert ce débat qui présente une des limites de nôtre système qui condamne l’initiative, critique l’entrepreneuriat et condamne à l’exil ceux qui réussissent (Bernard Arnault,…)et ceux qui échouent dans leur entreprise (posts ci-dessus).
    Pour toute les personnes malheureuses que j’ai lut ci-dessus, je vous informe amicalement que ce qui vous condamne dans vôtre démarche de retour vers le salariat ce n’est pas votre échec, mais votre tentative d’avoir voulu être des gens LIBRES!!!!!!
    Notre pays marche sur la tête : on condamne les bons(les productifs d’initiative et/où de valeur ajoutée)et on réseau te pour recommander les carriéristes (ceux dont la carrière prévaut sur tout (même les valeurs et principes).
    En tout cas restez vous mêmes et rappelez-vous qu’à chaque produit correspond un marché et si vous (personne physique)ne trouvez pas preneur en France, c’est peut-être qu’il faut considérer d’autres pistes…

  10. Nicolas dit :

    Bonjour à tous,
    Cela fait plus de deux ans que le sujet a été lancé, mais soyez sûrs qu’il sera toujours d’actualité pour quelqu’un. Aujourd’hui c’est moi !
    J’ai clôturé ma sarl après six ans pour suivre ma femme qui a eu une opportunité à l’étranger. Aujourd’hui et depuis maintenant un an et demi, je suis dans l’impossibilité totale d’obtenir ne serait-ce qu’un entretien… Au moins une centaine de cv et lettres de motivation spécifiques à chaque annonce envoyés, et pas un seul entretien décroché.
    Je passe sur tout ce qui a déjà été dit et qui est parfaitement vrai (préjugés etc) pour simplement confirmer (si c’était nécessaire !) que les seules solutions qui s’offrent à un ancien entrepreneur sont le réseau et repartir sur une création… Dans mon cas, me trouvant dans un pays étranger, autant dire que le réseau est à construire (!!), et du coup je me retrouve dans le même état psychologique qu’Arnaud… Mais quand on en est là, d’une part le fond du trou n’est pas loin donc la chute sera peu douloureuse, d’autre part on ne peut donc que remonter, et dans l’absolu, soit vous vous battez pour vous en sortir, soit vous vous jetez sous un train… le fait de le dire n’est pas signe annonciateur, c’est juste une façon de dire qu’à part se battre et garder « la niaque », il n’y a strictement rien d’autre à faire !
    Bon courage à moi (c’est la première fois que je dis ça!) et à tous ceux qui se voient dire « vous n’avez pas le profil recherché » par des recruteurs qui cherchent à nous mettre dans des cases. J’en profite pour dire à tous ces recruteurs (qui ne liront sans doute jamais ces lignes) que ce qu’ils définissent dans leur fiches de poste ou définitions de fonction ne sont pas des compétences comme ils le croient, mais des expériences : « j’ai déjà fait » ne veut en rien dire « j’ai les compétences pour bien faire »… le potentiel d’un entrepreneur n’existe pas sur le marché du travail, il faut avoir déjà fait exactement la même chose pour exister !!!

  11. Nicolas dit :

    Je précise que je suis en Suisse, et que comme en France, si tu n’as pas le profil qui colle parfaitement à la demande, tu n’existes pas non plus. Trop qualifié pour les « petits » jobs et pas l’expérience demandée pour les autres… crève en silence !! Je pense que c’est différent dans les pays anglo-saxons…

  12. olivier dit :

    J’ai écris sur ce site le 5 septemebre 2011. J’apporte temoignage de ce qui s’est passé depuis. Comme je l’avais prévu, j’ai liquidé mon affaire en décembre 2011. Par chance et aussi, parce que je m’y étais pris à temps, je n’ai (financièrement) pas perdu plus que ce que j’avais mis. Depuis j’ai été professeur de technologie pendant 5 mois, puis j’ai retrouvé un emploi comme consultant en mécanique à 1h00 de chez moi (mon premier job – quelle progession !!!), mais c’est purement alimentaire et je m’y emm…. Je ne suis pas vraiment optimiste. D’abord pour répondre à la première personne qui a ouvert le sujet, cela n’a rien a voir avec le diplome. Je suis bac +5 diplome de l’école Centrale de Nantes..et je n’ai pour autant plus de proposition interessante. J’ai du envoyer plus d’une soixantaine de réponses ciblée pour 2 entretiens. Durant le premier, on m’a dit, c’est interessant comme CV, je suis impressionné….dans le deuxième, la question qui tue: « Etes-vous gérable ? ».Je ne sais même pas quoi répondre ….c’est trop con comme question. Tout cela me laisse peu d’espoir pour la suite. J’ai peur de finir minable derrière mon petit écran d’ordinateur.A ceux qui veulent se lancer, il faut qu’ils comprennent que c’est définitif !!!!!!! Ceux qui n’auront jamais les co…lles de le faire, ne leur laisseront pas la porte ouverte derrière eux. J’envisage parfois de quitter ce pays de m..de. Bon courage à tous.

  13. Sophie dit :

    Bonjour et merci pour vos nombreux commentaires, ils font écho à plusieurs discussions que j’ai pu avoir depuis sur le sujet avec des personnes qui ont effectué cette transition. Olivier, la question que vous pointez est un grand classique, créer son entreprise, c’est aussi ne plus avoir de hiérarchie (bien qu’on ait un autre type de comptes à rendre, notamment aux banquiers…), un recruteur se demande donc comment vous accepteriez d’en avoir une à nouveau, si on peut encore vous manager, etc. Je vous encourage à travailler sur une réponse à cette objection. Et vous encourage tous dans vos démarches.

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