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L’été rime avec déconnecté, et vous ?

L’été rime avec déconnecté, et vous ?

C’est les vacances (maintenant ou une autre fois), vous avez envie de décrocher, mais, trop “addict” ou n’osant pas dire vos limites à votre hiérarchie, vous n’y arrivez pas. Vous êtes bon pour une cure de détox.

Faites-vous partie des 7% d’Européens qui, selon une étude Brocade, ne se connectent jamais durant leurs vacances ou bien des 95% de vacanciers qui partent avec au moins un matériel équipé d’une connexion Internet ?

Est-ce que comme 56% des membres de Viadeo, vous gardez la tête au travail même loin du bureau ? Ou bien appartenez-vous aux 21% qui savent décrocher totalement ? « Des chiffres qui, même s’ils concernent surtout une population de cadres qualifiés, urbains et hyper connectés, montrent que la césure entre vie privée et vie professionnelle est de moins en moins nette », commente Nicholas Vieuxloup, directeur de la communication de Viadeo.

D’année en année, les progrès technologiques accroissent notre addiction à des ombilics greffés au creux de la paume et de l’oreille, à des écrans qui nous donnent des yeux que le plus écarquillé des lémuriens nous envierait. Ou plutôt, car la responsabilité n’incombe pas aux outils mais à leurs heureux possesseurs, plus ça va, moins nous savons gérer nos joujoux. En avons-nous seulement envie ?

 

Prise de conscience

Ai-je envie de déconnecter ? C’est la première question à se poser, et Alix de Saint-Denis, directrice, coach et consultante chez CSP Formation, insiste sur ce point. « Actuellement, les Smartphones et ordinateurs sont à la fois un accessoire, un jeu et un outil de travail. Il faut que les salariés aient une réflexion vis-à-vis de ces outils au lieu d’en être esclave », complète-t-elle. Ce préalable entraîne d’autres questions comme suis-je indispensable ? Si oui, ah oui ? Relisez Alphonse Allais, ne serait-ce qu’une phrase de lui : « Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables ». Si oui ‒ vous y tenez ‒, en quoi êtes-vous indispensable ? Pouvez-vous déléguer ? Répondre à ces questions permet de réfléchir à votre usage des nouvelles technologies. En tant que manager, demandez-vous pourquoi vous éprouvez le besoin de consulter vos emails pro (vous allez rater la marée, bien fait pour vous) ou de passer un coup de fil depuis le bord de mer. Pour faire profiter du bruit du vent à votre collaborateur dans l’open space abandonné ? Cela nuit quand même beaucoup à la clarté de vos propos, reconnaissez-le. Or donc, pourquoi restez-vous en prise avec le bureau ? Cet  email, ce coup de fil, est-ce pour contrôler, pour vous rassurer ? « Ce faisant, les managers génèrent parfois une image différente de celle qu’ils voudraient donner à leurs équipes, ils peuvent créer un sentiment de méfiance vis-à-vis d’elles alors que ne pas se manifester serait un signe de confiance », pointe Alix de Saint-Denis.

En tant que collaborateur, vous êtes-vous assuré que les outils “offerts” par votre entreprise ne sont pas des cadeaux empoisonnés ? Quelle contrainte est associée à ce BlackBerry ou à cet iPhone ? « Quand l’entreprise propose des outils à ses salariés, il importe de clarifier d’emblée la dimension relationnelle et opérationnelle qui s’y rapporte », conseille la coach.

Cette réflexion, variable selon que vous êtes manager ou managé, a pour but de déculpabiliser le fait de partir et vous permettra de prévenir sereinement vos clients ou collaborateurs, d’organiser votre absence. Rappelons que ce conseil sera d’autant plus facilement applicable que la direction générale de l’entreprise montrera l’exemple.

 

Organisation et définition de votre temps de vacances

En principe les vacances sont faites pour décrocher. En principe. Comme vous êtes seul juge du degré d’urgence d’une réponse à un email ou à un appel téléphonique, c’est à vous de déterminer votre degré de déconnexion. Que vous deviez rester un minimum en prise ou au contraire surveiller votre activité comme le lait sur le feu, décidez d’un moment précis dans la journée à consacrer au règlement des questions professionnelles. Ainsi, non seulement vous respectez votre temps de repos, vous n’abandonnez pas des collaborateurs qui auraient ponctuellement besoin de vous, mais encore, vous préservez la qualité de la relation avec votre entourage, familial ou amical. Vous gagnez en sérénité. « A une époque où la connexion est permanente, ainsi que le lien avec tout et tous, travailler sur notre addiction aux outils permet de gagner en sérénité, ce qui n’est pas un luxe dans le contexte actuel », observe Alix de Saint-Denis. Depuis un an comme elle le constate, ils sont de plus en plus nombreux ceux qui s’accordent ce qui n’est pas un luxe et qui pourtant l’est devenu ces dernières années : tout couper pour se ressourcer. Ils ont su poser des limites, ils ont cette assurance nécessaire pour oser dire qu’ils ne seront pas joignable à telle période, ils savent s’organiser en conséquence. Durant leurs vacances, ils choisissent de partir en randonnée, de naviguer, privilégient des lieux isolés, ne se préoccupent pas de la qualité du réseau ou de l’existence de bornes Wifi… Une autre forme de progrès, qui dépend autant d’une volonté personnelle que d’une démarche d’entreprise.

 

 

Sophie Girardeau

 

Une réponse à “L’été rime avec déconnecté, et vous ?”

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  1. [...] connecté, chacun  reste finalement en prise avec son  boss ou ses clients. Le 9 août dernier, le Blog pour l’emploi dans un article « L’été rime avec déconnecté, et vous? », relayait les résultats de l’étude Brocade selon laquelle 56% des membres de Viadeo gardaient [...]


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