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Syndromes au travail

Syndromes au travail

Avez-vous remarqué que certains salariés sont atteints de syndromes étranges, capables de plonger l’entreprise dans une situation kafkaïenne ?

 

Vous avez peut-être été vous-même témoin de ce type de syndromes, sans pouvoir les identifier. Comme on se sent moins malade quand on connaît la cause des dysfonctionnements, voici un petit florilège des syndromes les plus courants.

Il était une fois un DRH souhaitant embaucher un technico-commercial. Afin de décrocher ce job de rêve, certains postulants n’hésitèrent pas à enjoliver leur CV, comme le font 75% des candidats1.

Parmi les petites impostures classiques, 5 révèlent des syndromes étranges2 :

– le syndrome de la montgolfière : le candidat exagère ses anciennes responsabilités ;

– le syndrome des yuppies : il gonfle le montant de sa précédente rémunération ;

– le syndrome du dentiste : il bouche les trous dans son CV, histoire de gommer ses périodes d’inactivité ;

– le syndrome du carrossier : il efface les rayures de son parcours en omettant d’expliquer pourquoi ses anciens contrats ont pris fin ;

– le syndrome de Babel : l’ouzbek ? Bien sûr, il le parle couramment, comme l’anglais, le russe, le chinois…

Malgré des entretiens serrés, un jeune technico-commercial aux dents longues, atteint de l’un de ces syndromes étranges, réussit à passer entre les mailles du filet et est recruté. Youpi ! Il arrive chaque matin avec le sourire, s’acquitte de sa tâche du mieux qu’il peut, reconnaissant qu’il est d’avoir été retenu. Bien évidemment, son petit mensonge est démasqué quelques mois plus tard. Le licencier, c’est avouer que les RH se sont faits berner lors du recrutement. On va le promouvoir, plutôt. Etrange ? Non, non, rien de plus qu’une manifestation du syndrome de la promotion focus, également connu sous le nom du principe de Peter3 : promotion après promotion, tout poste de l’entreprise sera occupé par un employé incompétent. Le DRH, voulant assurer ses arrières, le promeut même manager, poste dans lequel le salarié est susceptible de causer le moins de dommages à l’entreprise, selon le fameux principe de Dilbert4.

Comment un incompétent peut-il décemment diriger son équipe, la conseiller et la former ? En proie au stress, le nouveau manager développera, au choix, un nouveau syndrome :

– le syndrome du petit chef, que vous connaissez tous : trop conscient des compétences qu’il n’a pas, il passe son temps à contrôler et recontrôler le travail de ses équipes pour se rassurer, devient tatillon et autoritaire ;

– le syndrome du labrador : il est tellement fier d’avoir trompé tout son petit monde qu’il se prend pour le roi du pétrole. Il siffle ses collaborateurs comme il sifflerait son chien, attendant d’eux qu’ils fassent serment d’allégeance ;

– le syndrome de Robespierre : la meilleure défense ? L’attaque bien sûr. Le manager fait régner la terreur. Pas de risque qu’on le contredise, tout le monde tient trop à conserver son poste…

Et voilà comment, en peu de temps, on déséquilibre ce bel organe qu’est l’entreprise. Le syndrome au travail creuse lentement mais sûrement son sillon, mettant en péril la vie même de la société qui l’a accueillie en son sein. Amusant, non ?

1- 75% des demandeurs d’emploi exagèrent les responsabilités qu’ils ont exercées selon une étude française menée par Florian Mantione Institut.

2- Selon la classification de Stéphane Haefliger, Directeur RH de la Compagnie bancaire Espirito Santo et Chargé de cours à l’Universite de Lausanne.

3- The Peter Principle: why things always go wrong – Laurence Peter & Raymond Hull – 1969, WorldCat 24 Editions.

4- Extension du principe de Peter, paru dans Le Principe de Dilbert, Scott Adams, First Editions, 1997.

 

4 Reponses à “Syndromes au travail”

  1. Simon BARON says:

    Merci pour cet article qui met en lumière les processus qui biaisent l’évaluation des commerciaux lors du recrutement et les conséquences qui adviennent.

    Ce constat n’est pas une fatalité dans la mesure où des tests permettent de détecter la capacité des commerciaux et managers à avoir les comportements requis dans leur job.

  2. VOCHEL says:

    Tellement juste. Mais les situations engendrées peuvent être réellement catastrophiques pour l’entreprise et démotivantes pour les collaborateurs compétents.

  3. thierry says:

    Merci à Emmanuel d’avoir forwardé!
    Bravo pour la prose de Madame qui visiblement a des dons littéraires, et une très très bonne connaissance des syndromes. Ca sent l’expérience…
    J’en rajouterai un : Le syndrome gaulois du problème : il consiste pour un salarié gaulois à toujours venir avec un problème ou trouver les raisons d’un problème plutôt que de venir avec la solution ou une démarche visant à faire naitre une solution. Kafkaïen pour l’entreprise de faire changer cette fâcheuse habitude qui la plonge irrémédiablement dans une mer.. de / à Problèmes…..

    allez Bonsoir ..

  4. LN says:

    La constations est juste, mais il faut regarder les situations dans leur ensemble:

    75% des demandeurs d’emploi enjolivent leurs responsabilités au même titre que 75% des recruteurs enjolivent la situation de l’entreprise ou l’ambiance ou l’esprit d’équipe ou l’accès aux CDI…

    Rien n’est tout blanc ou tout noir! C’est tellement facile de ne regarder que d’un côté de la lorgnette.

    Le rôle de l’entreprise n’est-il pas de faire progresser ses collaborateurs? On ne nait pas manager ou RH, mais on peut le devenir, il existe d’excellente formation pour cela!

    Encore faut-il les utiliser à bon escient!

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