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SSII et communautés de freelances : ni avec toi, ni sans toi

SSII et communautés de freelances : ni avec toi, ni sans toi

Dans un marché en pleine mutation, les SSII favorisent-elles encore le développement de carrière ? Si les profils informatiques qui tentent leur chance en freelance ne représentent encore qu’une minorité, la tendance pourrait s’accroître à l’avenir.

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Il y a environ dix ans, à la faveur de l’arrivée des sociétés de portage qui ont sécurisé le passage au statut de freelance, certains profils informatiques ont tenté l’aventure de l’indépendance. Il s’agissait de consultants seniors de haut niveau, en mission depuis des années chez le même client, tels que des consultants fonctionnels SAP, CRM ou décisionnel, des chefs de projet, des experts… Actuellement, tous types de profils technos (informatiques et Web) sont tentés par ce statut. Pourquoi ?

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« Au cours des dernières années, les clients finaux ont gelé puis baissé leur TJM (Taux Journalier Moyen), ils ont rationnalisé leurs achats de prestataires informatiques avec pour effet d’appauvrir le marché ; l’érosion des marges des SSII a une eu impact sur leur attractivité », analyse Vincent Rostaing, fondateur du cabinet de recrutement Le Cairn 4 IT. Disposant de moins de moyens, les SSII ont moins formé leurs équipes, elles ne sont plus aujourd’hui l’accélérateur de carrière qu’elles étaient autrefois. De plus, certaines font le choix de travailler avec des indépendants, « elles évitent ainsi d’avoir à gérer des risques sociaux liés aux inter-contrats, risques plus importants qu’il y a dix ans quand des contrats d’un an étaient courants, alors qu’ils sont aujourd’hui de trois à six mois, et limitent donc leur masse salariale », observe Hugues Truttmann, fondateur du cabinet Wu Wei Consult. Ajoutons à cela l’abus de body shopping, une vision très court terme de leurs recrutements, même s’il ne faut pas généraliser car « les SSI faisant partie du Top 20 ont de vraies stratégies de recrutement », nuance Hugues Truttmann, et l’arrivée d’acteurs tels que Freelance.com, Progonline ou Consultime qui se spécialisent sur les profils freelances, voilà planté le décor du marché actuel, assez proche de l’intérim.

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Le recours aux freelances en SSII est actuellement de l’ordre de 10 à 20%, et plus la SSII est petite plus le pourcentage augmente. C’est peu direz-vous. Pourtant, selon l’étude PWC Luxembourg, Etude PWC : Managing Tomorrow’s People – The future of work to 2020, la tendance du marché de l’emploi est d’aller vers de nouvelles formes de travail, dont le statut de freelance. « Forts de leurs compétences et de leurs capacités à mener des projets en autonomie, les freelances retrouvent du sens à leur travail. Ils reprochent aux SSII leur absence de culture d’entreprise, le décalage entre leur discours et la réalité, la fausse sécurité qu’elles proposent », note Vincent Rostaing. Par ailleurs, l’expertise est très mal reconnue en SSI qui valorise davantage la capacité à encadrer.

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Toutefois, les choix ne sont pas aussi simples et tranchés qu’ils y paraissent. La prolématique du référencement lie toujours le freelance à une SSII, il ne traitera quasiment jamais en direct avec une grosse entreprise ou un groupe. La précarité est souvent au rendez-vous pour les profils les moins réputés ou les plus juniors — attention, certains parmi ces derniers tentent l’indépendance avant même d’expérimenter la SSII, en se leurrant sur les avantages du statut d’auto-entrepreneur et en oubliant de se protéger d’une prévoyance a minima ! Enfin, pour les profils non ingénieurs, le statut d’indépendant est le seul moyen d’approcher des cabinets de conseil comme Accenture, qui se positionnent comme les SSII sur certains pans de missions et qui ne salarient que des ingénieurs.

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Sophie Girardeau

6 Reponses à “SSII et communautés de freelances : ni avec toi, ni sans toi”

  1. Opteamis says:

    Le souhait de se mettre à son propre compte doit être précédé par une série de questions / réponses pour vérifier si le projet est bien arrivé à maturité. Le choix du statut est évidemment essentiel mais la réflexion doit surtout porter sur ce nouveau mode d’organisation personnelle qu’entraîne ce statut de freelance.
    Pour vous aider, voici une fiche pratique qui peut vous éclairer http://blog.opteamis.com/247-devenir-freelance-les-5-qualites-indispensables

  2. Paul75 says:

    “La problématique du référencement lie toujours le freelance à une SSII, il ne traitera quasiment jamais en direct avec une grosse entreprise ou un groupe.”

    Certes :
    http://munci.org/Sondage-iDirect-sur-la-sous-traitance-aupres-des-freelances-du-secteur-informatique
    “2 chiffres à retenir pour mieux comprendre l’ampleur du phénomène :
    - 85% : le pourcentage de missions réalisées avec un ou plusieurs intermédiaire(s)
    - 27,5% : la marge moyenne totale des intermédiaires dans les missions”

  3. bonjour, grand merci d’avoir nous expliquer, a mon avis je préfère autant que referenceur de travailler en free-lance.

  4. 2iportage says:

    Vous abordez à juste titre la solution du portage salarial en début d’article. Vous auriez pu revenir dessus dans votre développement car nous pouvons témoigner, chez 2i Portage du fait que ce cadre à la fois souple et sécurisant est de plus en plus prisé par les professionnels et par les entreprises clientes, bien qu’encore trop peu connu du grand public.
    Le portage concerne aujourd’hui en France 50 000 professionnels autonomes sur un potentiel estimé par la Fédération Nationale du portage salarial à 600 000 personnes.
    Le portage salarial permet en effet au consultant de vendre son expertise directement auprès des opérationnels des départements au sein desquels il pourra réaliser sa mission ; il permet à l’indépendant de négocier tous les éléments relatifs à l’exécution de sa mission, dont la tarification, ce qui lui permettra d’avoir la pleine maîtrise en toute transparence de sa rémunération finale. Laquelle sera plus élevée qu’en SSII ou en intérim. Dans le même temps, le professionnel qui agit là comme un indépendant, bénéficie de tous les avantages du statut salarié, grâce au contrat à durée indéterminée qui le lie avec la société de portage salarial.
    Pas besoin d’être immatriculé, pas besoin de souscrire à une responsabilité civile professionnelle souvent onéreuse. La réconciliation entre flexibilité, envie d’autonomie et sécurité des cotisations sociales.
    Pour ce qui est d’accéder aux grands comptes, de nombreuses sociétés de portage dont 2i Portage, sont référencées et reçoivent même régulièrement et de plus en plus des offres de mission qui sont ensuite mises à disposition des consultants portés. Ces derniers gardent là aussi la maîtrise pleine et entière des suites qu’ils souhaitent donner à ces offres de mission…

  5. Sophie says:

    Bonjour et merci pour votre commentaire. Ce que vous évoquez vaudrait un article à part entière, anglé sur une thématique “freelance : statut libéral ou portage salarial ?” par exemple. L’angle de mon article était autre, d’où l’absence de développement de ce point.
    Bien à vous.

  6. dubois says:

    Je rejoins les commentaires précédents, effectivement, le statut de freelance a des inconvénients dont peuvent se prémunir les informaticiens grace au portage salarial qui leur permet de bénéficier des avantages du salarié lambda. Ceci dit, il semble évident qu’il est important avant tout auto entreprenariat dans ce domaine, d’etre passé par la case SSII, d’une part pour asseoir ses compétences et d’autre part pour mieux appréhender les exigences clients. En tout cas, merci pour la pertinence de votre article.

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