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Postes à pourvoir dans l’Éducation nationale, lesquels ?

Postes à pourvoir dans l’Éducation nationale, lesquels ?

L’annonce de la création de 60 000 postes sur cinq ans dans l’Éducation nationale a suscité un certain nombre de réactions dubitatives. Au-delà du débat, voici un tour d’horizon des types de postes que propose l’Education nationale, hors fonctions administratives.

1 000 professeurs des écoles supplémentaires ont été recrutés pour la rentrée 2012, et la création de 60 000 postes sur cinq ans dans l’Éducation nationale est au programme du Gouvernement. À cette dernière annonce, beaucoup, dans et hors le monde enseignant, s’écrient : Mais où va-t-on les trouver ?

Le Ministère, s’il a tenu à nous préciser qu’il ne s’agit pas uniquement de postes d’enseignants, n’a pas souhaité répondre à nos questions. Le blog de Claude Lelièvre vous apportera néanmoins un éclairage intéressant sur les débats actuels en la matière. Quant à la crise des vocations dont les médias se font largement l’écho, certains acteurs du monde enseignant la nuancent, tel Claude Picano, inspecteur d’académie honoraire : « Contrairement aux idées reçues, il existe un certain nombre de professions qui veulent devenir enseignant ». Des professionnels d’autres métiers (pharmaciens, ingénieurs, photographes…) sont prêts à se reconvertir dans ce métier « passionnant même si difficile : aider les jeunes à construire leur savoir, avec un concurrent qui n’existait pas autrefois, le Web », comme le définit notre interlocuteur. Le troisième concours s’adresse d’ailleurs à eux. Et si vous êtes père ou mère de famille de trois enfants, ou encore, sportif de haut niveau, sachez que vous êtes dispensé de diplôme pour vous présenter aux concours.

Si vous sentez en vous le feu sacré de l’enseignement, s’il résiste aux plaintes qui montent du corps enseignant (classes de plus en plus difficiles, salaires peu valorisants au regard du niveau de diplôme, image du métier dégradée auprès du public, etc.), si, sans vouloir enseigner, vous êtes néanmoins attiré par l’environnement scolaire, si vous faites partie des 73% de jeunes attirés par la fonction publique (source enquête Ipsos/Logica Business Consulting réalisée en mars 2012 pour emploipublic.fr et Le Monde, panel de 601 personnes de 15 à 30 ans), voici quelles sont les fonctions auxquelles vous pouvez prétendre, selon votre niveau de qualification et expérience.

Assistant d’éducation

Le surveillant, c’est lui. Titulaire du bac (général, technologique ou professionnel), il est chargé de l’encadrement et de la surveillance des élèves, ainsi que de la prise en charge des élèves handicapés. Sa mission relève du tutorat et de la remise à niveau. Il gagne 1270 € brut mensuels pour 36 heures par semaine.

« En tant qu’étudiant, il peut cumuler un mi-temps avec sa bourse universitaire », précise Claude Picano. L’inscription est possible en ligne sur les sites Web des académies.

Professeur ou agent non titulaire

C’est l’ancien maître auxiliaire. Ou le prof qu’on va chercher quand il manque quatre heures d’Espagnol dans tel lycée par exemple. Le professeur non titulaire n’a pas passé de concours (CRPE, CAPES, agrégation). « On a besoin d’eux pour assurer le remplacement des titulaires. Il existe par ailleurs des personnes qui souhaitent enseigner sans atteindre le master (niveau bac+5) ou d’autres qui ont échoué aux concours », explique Claude Picano. Le niveau licence est requis dans l’enseignement général mais si un professeur auxiliaire souhaite enseigner en lycée professionnel, un diplôme professionnel et une expérience lui seront demandés. On peut donc enseigner la technologie avec un BTS. « Il existe des concours réservés pour tous les auxiliaires qui leur permettent de devenir titulaires et auxquels ils accèdent généralement au bout de 5 ans », complète M. Picano. Mais ce délai peut changer chaque année puisqu’il dépend des prévisions annuelles établies en fonction des besoins du Ministère.

L’agent non titulaire peut faire des remplacements à l’année (entre 3 et 12 mois de remplacement), il a un statut de contractuel et un salaire de débutant variable selon son diplôme. Mais le gros des troupes est constitué de vacataires, payés 34,30 € brut de l’heure, qui ne peuvent dépasser 200 heures de cours dans l’année. Un statut bien précaire donc qui oblige à avoir une ou plusieurs autres activités. Qui plus est, pression des syndicats aidant, il devient difficile d’être auxiliaire dans le public. Pour pallier la problématique de la précarité d’étudiants sous-payés, les syndicats ont en effet demandé à ce qu’un statut de remplaçant soit créé : le titulaire sur zone de remplacement (TZR). Si une académie n’a pas de TZR sous la main, un professeur n’est pas remplacé.

La filière préprofessionnelle

C’est la voie royale de l’enseignement, mais elle n’est pas exempte d’ornières et de ronces. Elle est accessible dès l’université, pendant la licence (de Maths, de Sciences, etc.). Un stage d’observation puis de pratique accompagnée, de six semaines dans l’année, est possible au niveau master 1. En master 2, le stage est rémunéré car l’étudiant a la responsabilité d’élèves.

Puis arrive le concours : de professeur des écoles (CRPE), de professeur de collège et lycée (CAPES), de lycée ou d’université (agrégation) ou de professeur de lycée professionnel (CAPLP). « Le concours est revu chaque année en fonction des besoins du Ministère dans chaque discipline. Si l’on réussit ce fameux concours, on est affecté dans une académie où  le recteur affecte les professeurs sur des postes réservés aux stagiaires », explique notre inspecteur d’académie fraîchement honoraire. Car à ce stade, on est encore stagiaire, ce n’est qu’au bout d’un an que l’on devient titulaire.

Une fois titulaire, vous échappez à la mutation d’office et pouvez chaque année participer au mouvement de mutation en fonction de vos désirs de mobilité.

Et le privé ?

L’enseignement privé sous contrat n’a pas le droit de toucher plus de 20% des élèves en France. C’est donc une niche en matière de recrutement et si un professeur du public est affecté, celui du privé postule. Officiellement auprès de la Direction diocésaine de l’enseignement catholique (un organisme par région), officieusement en envoyant une lettre de motivation au directeur de l’établissement qu’il vise. La question du choix entre privé et public se pose d’emblée à qui veut enseigner car, comme le souligne Ludovic de Malet, professeur de philosophie dans un lycée privé parisien, « il est impossible de passer du privé au public et c’est rare et difficile dans l’autre sens. » On retrouve dans ce secteur les mêmes différences statutaires que dans le public et les mêmes concours, sauf qu’ils changent de noms : le CAFEP pour le CAPES (il existe aussi un CAFEP interne, concours d’accès à l’échelle de rémunération des professeurs certifiés : le CAER/PC), le CAERPA pour l’agrégation interne privée. Entend-on dans le privé un son de cloche différent du public ? « Nous appartenons au même corps et touchons les mêmes salaires ; le choix est plus affaire de conviction que de situation », pointe Ludovic de Malet. Au-delà de la licence nécessaire pour enseigner, il existe la maîtrise et le doctorat, « mais ça ne change rien au salaire, c’est juste un plus sur le CV », ajoute-t-il.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à contacter la plateforme Orientation pour tous au 0811 70 39 39.

Sophie Girardeau

3 Reponses à “Postes à pourvoir dans l’Éducation nationale, lesquels ?”

  1. SCHNEIDER says:

    Y’a t-il des poste à pourvoir dans le domaine restauration collective dans l’éducation nationale ?

  2. Sophie says:

    Bonjour Schneider et merci pour votre commentaire. Je ne peux répondre à votre question, je n’ai pas eu d’informations du Ministère relatives aux types de postes concernés, hormis le fait que les recrutements ne concerneraient pas que les professeurs.

  3. aube says:

    Je suis psychologue bac +5, est-ce qu’en tant que psychologue on peut être professeur des écoles remplaçant ou autres ? Merci pour vos réponses

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