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Vérifier les références d’un candidat : jeu d’enfant ou peau de banane ?

Vérifier les références d’un candidat : jeu d’enfant ou peau de banane ?

Mon fiancé est un type bien : il fait partie du service RH d’une multinationale (le genre de boîte qui a une baseline en anglais sous son logo). Si, la journée, il rédige des contrats de travail et potasse des articles de loi, le soir, il ôte sa cravate pour ma faire partager la vision qu’il a de son métier.

J’ai ainsi appris que, pour assurer la réussite d’un processus d’embauche, il était parfois utile de vérifier les références données par un candidat. Dans ce cas, une seule chose à faire : demander l’autorisation du principal intéressé, revêtir un imperméable et se laisser pousser la moustache afin de se transformer en détective privé.

Naïve, j’ai trouvé que la tâche avait l’air amusante. Que nenni, m’a répondu mon promis… Même en menant un véritable travail d’investigation, toutes les réponses ne sont pas évidentes à obtenir. La preuve avec ces cinq exemples :

 

1-  L’entreprise impossible à googler

C’est noté en gras sur son CV : le candidat a passé six ans en tant que chef de projet chez Mollier, une PME d’Ille-et-Vilaine… Une expérience qu’il a d’ailleurs qualifiée lors de son entretien de “formatrice et extrêmement enrichissante tant sur le plan humain que sur le plan professionnel”.

Quand il vous a suggéré de visiter le site Internet de l’entreprise, là où se trouvent toutes les coordonnées de son ancien employeur, il n’a pas précisé si l’URL était en .fr, .com ou .net. Pas grave, en tant qu’accro au réseau, vous vous êtes dit que vous n’aurez aucun mal à le retrouver.

Problème : quand vous avez cherché “Mollier” sur un moteur de recherche, vous êtes tombé sur quarante-cinq boîtes de BTP, vingt-sept cabinets médicaux, treize agents immobiliers et quatre producteurs de clés USB (et encore, vous vous êtes arrêté à la septième page de résultats).

Etant donné que vous travaillez dans le transport de produits frais, vous n’avez pas trop su à quel site vous fier (espérons que ce n’était pas celui qui proposait des slips comestibles).

Résultat, vous avez dû recontacter votre candidat pour obtenir un numéro de portable… Heureusement, cette fois, il a pu vous le donner immédiatement.

Au final, après avoir perdu près de trois heures, vous avez juré sur le Code de Travail de ne plus jamais laisser partir personne sans un numéro de téléphone précis.

 

2 –  Le contact injoignable

La première fois que vous avez cherché à joindre Sandrine C., Directrice Commerciale chez Flapin & Co, vous êtes tombé sur son répondeur. Il était 11h00, vous vous êtes dit qu’elle avait dû avancer sa pause déjeuner. Quand vous avez rappelé à 15h30, vous avez pensé qu’elle avait pris un café après son dessert (et son plateau de fromage)(et ses deux plats). A 16h15, vous avez laissé un premier message.

Le lendemain, vous avez tenté votre chance dans la matinée, rien. Et quand vous avez tapoté son numéro en fin d’après-midi (en vous rendant compte que ça y était, vous le connaissiez par coeur), vous n’y croyiez déjà plus trop.

Cinq jours et dix-sept appels plus tard, vous avez définitivement renoncé (tout en espérant qu’elle n’écouterait jamais le message que vous avez laissé le vendredi à 17h59)(vous aviez eu une semaine difficile).

 

3 –  La boîte étrangère

Gävle. C’est une charmante ville au nord d’Uppsala. C’est là-bas qu’a vécu et travaillé votre candidat avant d’arriver en France. C’est également à cet endroit que se trouvent les différentes références qu’il vous a données. C’est très pittoresque. Et très suédois.

Le saviez-vous ?  Les langues scandinaves sont délicates à appréhender. Et, si beaucoup de suédois parlent parfaitement bien l’anglais, ce n’est pas le cas de Lars R. de chez Ingeborg… En effet, après dix minutes de conversation, vous ne savez toujours pas s’il a voulu vous dire que votre candidat était “qualifié” ou “bien coiffé”.

 

4 – Le numéro louche

Deux minutes après avoir décroché, la référence de votre candidat, une certaine Colette, avait déjà prononcé les mots “merveilleux”, “exquis”, “épatant” et “incroyablement brillant”.

Certes, Patrice vous avait fait une très bonne impression lors de son entretien, mais, quand Colette a évoqué le fait qu’il savait lire à 4 ans et qu’il avait toujours bien rangé sa chambre, vous avez compris qu’il y avait une entourloupe et que ce n’était sans doute pas pour rien qu’elle l’appelait “Mon petit”.

 

5 – Jean-Michel de la World Company

Quand votre candidat vous a donné le nom de cette multinationale, vous vous êtes dit que c’était bon : impossible d’être déçu par une référence aussi prestigieuse.

Bien sûr, vous avez quand même cherché à parler à un contact. Le numéro indiqué par votre candidat était celui du standard. Naïf, vous ne vous êtes pas méfié.

Lors de votre appel, une charmante Sylvie vous a passé Jean-Michel C. de la compta. Jean-Michel C. n’avait aucune idée de ce dont vous parliez. Il vous a donc redirigé vers Jean-Michel V.  (dit “Mimiche”) de la logistique. Lui a pensé que vous cherchiez sans doute à parler à Jean-Michel F. du marketing. Ce dernier vous a signalé que non, qu’il s’agissait peut-être de Jean-Michel P. (“Michoune”) du département commercial. A moins que ça ne soit Jean-Michel H. des relations clients qui est en vacances jusqu’au mois prochain.

Une heure et demi plus tard, vous aviez eu plus de vingt personnes en ligne,  vous aviez oublié votre nom et vous ne vous souveniez même plus de qui vous appeliez (ni pourquoi).

 

5 Reponses à “Vérifier les références d’un candidat : jeu d’enfant ou peau de banane ?”

  1. Gilles Payet says:

    Merci Fleur pour ce billet tout en finesse et extrêmement drôle ! Je vais partager autour de moi :0)
    Gilles Payet

  2. En effet, la chasse aux informations concernant un candidat peut s’avérer beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît ! Merci pour cet article très bien écrit.

  3. Lumchano says:

    ANSELMO – Bonjour Laurence Merci beaucoup pour ce doux cotnmmeaire !! Tu as vu juste sur le fait que j’ai e9norme9ment de mal e0 se9lectionner les photos que tu as prises d’Elina Elles sont tellement belles !!!La preuve en est sur celles que tu as poste9 sur ton blog.Tu es une personne qui gagne e0 eatre connue et je suis ravie de te connaeetre. Tu es vraiment tre8s professionnelle, j’adore ton travail !!!Tu ne devrais pas tarder e0 recevoir un mail de part avec nos choix car je veux eatre sur avant de valider.Bisous et encore merci pour ta gentillesse et ta joie de vivre !!! Jennifer

  4. Corentin says:

    Très bon article, je n’avais pas vu la recherche d’informations si difficile…
    Merci

  5. anonyme says:

    Vous imaginez si chaque ancien employeur est embêté par un potentiel nouvel employeur pour chacun de ses anciens salariés récents ? Vous ne pensez que les entreprises ONT AUTRE CHOSE A FOUTRE QUE DE REPONDRE A DES RH INCOMPETENTS QUI NE SAVENT PAS JUGER DE LA QUALITE D’UN CANDIDAT ???? HEIN ????!!!!

    Si les CV sont si truqués aujourd’hui, c’est parce que déjà les RH s’arrêtaient à des conneries, genre trous d’activité. Maintenant que les CV sont tous bidonnés, ils veulent vérifier des références. Et quand les références seront toutes bidons, ils feront les quoi les RH ? Et bien ils demanderont les fiches de paye comme avant ! Sauf que elles aussi seront fausses !

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