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Bonjour, je suis la nouvelle

Bonjour, je suis la nouvelle

Drôles de questions !Expérience mémorable que les débuts dans une nouvelle équipe. Qui n’a jamais connu regards méfiants et conversations qui s’interrompent à son arrivée? Qui n’a pas su déchiffrer les messages codés, s’est senti intrus ou boulet ? Tout le monde a été le nouveau ou la nouvelle un jour. Petit guide de survie en terrain hostile.

« Salut Béné,
Comment se passe ma première journée ? Quand j’ai pris mon premier appel, tout le monde s’est retourné, je ne sais pas comment le prendre. Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée de dire bonjour à la nana qui me fait face, elle a un 22 long rifle dans chaque œil. La suite plus tard, je dois changer de bureau, pour la troisième fois depuis ce matin ! Sourires crispés des collègues à chaque fois que je bafouille une excuse, tu crois qu’ils m’auraient dit que mon bureau 1 était celui d’Arnaud, mon bureau 2 celui de Denis et mon bureau 3, celui de Xavier ? Test de mobilité, tu crois ? »

« En règle générale, quand on fait partie intégrante d’une équipe, on a tendance à attendre beaucoup trop d’un nouveau plutôt que de l’accueillir, à estimer que c’est à lui de faire un effort plutôt qu’au groupe de s’ouvrir », observe Sylvaine Pascual, coach et fondatrice d’Ithaque Coaching. Pourtant, le groupe sait comment il fonctionne, c’est lui qui a les clefs, un groupe qui reproche à celui qui ne les a pas de chercher à s’intégrer de façon maladroite. Pourtant (bis), on a tous été un nouveau, on a tous vécu une arrivée plus ou moins difficile dans une nouvelle équipe. Ce n’est quand même pas ça qui va nous empêcher de faire vivre la même chose à autrui !

CONSEILS AU NOUVEAU OU A LA NOUVELLE 

Observer : observer qui fait quoi, qui est en relation avec qui et comment (en bons termes, en bisbille ?), « observer la dynamique du groupe », précise Sylvaine Pascual, pour repérer ceux qui sont les plus ouverts et faciles d’accès, les méfiants, afin d’essayer de « déterminer comment les rassurer ».

Rassurer : rassurer, mais pourquoi ? et comment ? « Parce que la crainte que celui qui arrive soit trop compétent, prenne trop de place, soit désagréable, etc., est fréquente », explique notre coach. La façon de rassurer dépend de la nature de la méfiance et ne suppose pas de se mettre en retrait, « il y a un juste milieu à trouver, essentiellement fait d’amabilité ». Bonjour, au-revoir, poser des questions et aussi, parce que les gens en sont généralement friands, demander des conseils. « On envoie ainsi des signes de reconnaissance », complète-t-elle.

Ne pas rester dans son coin : le repli peut conduire à l’arrogance, ou du moins, être perçu comme tel. Ah, splendide isolement…

Ne pas se laisser décourager : « Les attitudes de méfiance ou de rejet sont inhérentes à la dynamique de groupe, elles n’ont rien de personnel », rappelle Sylvaine Pascual. Un bon moyen d’éviter le découragement est d’entrer en relation individuellement avec les gens. Allez de préférence vers les plus affables. Une bonne façon de le faire est de s’intéresser à ce dont ils ont envie de parler, ou niveau professionnel ou personnel. Et à l’heure du déjeuner, n’hésitez pas à demander « Puis-je me joindre à vous ? », c’est imparable « parce que personne n’osera vous dire non », affirme Mme Pascual. Ainsi vous paraîtrez normal, vous avez faim comme tout le monde, vous pouvez même tenir une conversation la bouche pleine.

Ne pas imposer ses méthodes de travail : vous avez une expérience, les autres également, aussi est-il vain de penser que seule votre façon de faire est la bonne. « Observez comment l’équipe travaille et demandez-vous comment vous pouvez contribuer à l’effort collectif », préconise-t-elle. Pour apporter vos idées, attendez que la porte soit ouverte, « vouloir les imposer est une forme de rigidité, de résistance à l’intégration ».

Ne pas juger hâtivement : juger ses collègues sur la base des comportements des tout premiers moments peut générer rapidement des relations tendues. « Celui qui s’intègre doit faire preuve de beaucoup de bienveillance ».

CONSEILS AU GROUPE

Se rappeler qu’on a tous été nouveau… et que ça n’a pas été facile.

Faire preuve de bienveillance : outre le fait d’inviter la nouvelle recrue à se joindre au groupe pour déjeuner, pensez à la solliciter sur un dossier par exemple, demandez-lui son avis. « Soyez dans la collaboration », suggère Sylvaine Pascual.

Ne pas se monter la tête à plusieurs : à propos du nouveau, ça fuse ! Pas question de se monter la tête pour autant ! Questionnez la pertinence de ce qui est dit, proposez une alternative. « Cela demande un peu de courage de ne pas s’aplatir pour plaire au groupe. Le courage d’être gentil ! », pointe-t-elle.

« Salut Béné,
Merci pour ta proposition mais pas possible de déjeuner avec toi aujourd’hui, on fête mes trois mois dans la boîte ! Avec l’équipe, enfin, pas toute, juste notre petit groupe, tu sais, celui dont je t’ai parlé, et sans le nouveau qui se la pète et s’incruste à tout bout de champs, pas envie qu’il gâche l’ambiance ! »

On est rarement exemplaire des comportements que l’on souhaite recevoir… « Mais quand on ose porter ses valeurs, on finit par les recevoir », conclut Sylvaine Pascual.

Sophie Girardeau

Lire aussi : Se faire accepter par la tribu, l’enjeu de la période d’essai

Une réponse à “Bonjour, je suis la nouvelle”

  1. Je pense qu’il faut trouver la meilleure façon de bien s’intégrer car on peut dire que le bureau est notre premier foyer parce qu’on passe PRESQUE toute la journée au bureau et on rentre seulement à la maison pour passer 2 ou 3 heures avec la famille avant d’aller se coucher.

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